La Presqu’île de Giens, avec les îles d’Or et la ville de Hyères-les-Palmiers, constitue, au point le plus au sud de la Côte d’Azur, un ensemble extraordinaire, tant par la beauté et l’originalité de ses paysages que par son climat ensoleillé et sa douceur de vivre. Un vrai paradis !
La position du site dans le bassin de Méditerranée occidentale est tout aussi remarquable. De même que la pointe du Raz est dirigée vers l’Ouest et l’Amérique, la Presqu’île de Giens est pointée vers le Sud et l’Afrique. Axée nord-sud sur une côte plutôt est-ouest, elle s’avance en mer de cinq kilomètres, précédée de son chapelet d’îles : le Grand et le Petit Ribaud, Porquerolles, Bagaud, Port-Cros et le Levant, appelées aussi les Stoechades, d’un mot grec qui évoque leur caractère aligné. C’est par rapport à cet axe nord-sud de la presqu’île que se disposent symétriquement les côtes ibériques et italiennes du bassin. On notera que les îles sont à la même latitude (43°N) que le Cap Corse situé donc plein est.

[Carte d’après Jean SOUGY, (CC) Michel AUTEM/APG].
La Presqu’île de Giens (carré rouge) sépare l’arc franco-ibérique de l’arc franco-italien. Elle constitue une sorte de promontoire en mer, tourné vers l’Afrique située à 800 km.
En bleu, positions du tombolo triple d’Orbetello (Italie) et du tombolo double d’Ifach-Calpe (Espagne).

{fond de carte © IGN – (CC) Michel AUTEM/APG].
Les délimitations pointillées en vert correspondent aux limites du Parc national de Port-Cros, Bagaud étant constitué en réserve intégrale de biosphère d’accès interdit.
L’île du Levant est un domaine militaire également interdit d’accès sans autorisation.
La presqu’île est bien connue des géographes pour son double tombolo, c’est-à-dire deux bandes de sable de quatre kilomètres isolant une étendue lagunaire, traitée jusqu’à récemment pour le sel. Ce genre de phénomène naturel est très rare, mais on en connaît cependant deux autres exemples en Méditerranée occidentale : la presqu’île d’Ifach-Calpe (en Espagne), et surtout l’extraordinaire triple tombolo d’Orbetello (Italie).
La diversité des milieux, aussi bien en mer qu’à terre, fonds sableux ou rocheux, plages et criques encaissées, dunes littorales, marais d’eau salée, saumâtre ou douce, ripisylve, maquis, forêt méditerranéenne, pinèdes, cultures, vignes, explique les nombreux biotopes, les flores très diverses, la faune très riche notamment pour ses insectes et ses oiseaux, dont les flamants sont les plus remarqués du public parmi plus de 200 espèces dont beaucoup de migrateurs. La baie de Hyères et le golfe de Giens contiennent aussi les herbiers de posidonie (plante à fleurs) les plus étendus de la côte méditerranéenne française.
En plus des bains de mer, le site est particulièrement favorable à la plongée sous-marine, à la plaisance et à la planche à voile. Mais il est également bien situé en Provence comme base pour des excursions et randonnées vers l’intérieur: dans les Maures cristallines qui débutent au Fenouillet sur la commune de Hyères et dans le Verdon calcaire dont les célèbres canyons ne sont qu’à 70 km à vol d’oiseau. Et ces promenades et randonnées sont possibles toute l’année.
Mais ces attraits ont hélas un inconvénient : la forte pression immobilière qui a transformé une partie de la Riviera en mur de béton se tourne maintenant, « pour l’aménager », vers une zone ayant su garder encore beaucoup de ses richesses naturelles. Un équilibre entre la protection écologique et les nécessités de la vie économique est difficile à trouver.
Jean SOUGY